Le trafic de transit sur les axes Nord Sud est incomparable avec le trafic d’échange empruntant les deux vallées alpines.

Notes des chamois :  Le trafic de transit désigne les transports qui traversent un pays et dont les points de départ et d’arrivée sont hors de celui-ci. Les transports traversent uniquement le pays désigné. Le trafic d’échange désigne les transports qui ont un point de départ ou d’arrivée dans le pays

Le lobby pro-Lyon Turin évoque souvent la Suisse et ses tunnels ferroviaires du Lotschberg et du Saint Gothard comme l’exemple à suivre.

La Suisse subit un fort trafic de transit des marchandises entre l’Allemagne et l’Italie et a choisie de favoriser le mode ferroviaire et de pénaliser la circulation des marchandises par la route.

Les poids lourds traversent ce pays sans apporter de contribution économique (un plein de gasoil et un repas ?), usent les infrastructures et polluent l’atmosphère. La Suisse propose des axes ferroviaires adaptés à cette stratégie. Il est intéressant de constater la faible croissance de la part de transit soit 2.5% en 15 ans. Et pour la première fois en 2017, l’ensemble du trafic marchandises routier et ferroviaire de diminue.

Depuis 1999, les itinéraires routiers du Mont Blanc et du Frejus et ferroviaire du Mont Cenis ne récupèrent pas la croissance du trafic de transit que subissent les autres voies de passages suisses et autrichiennes. Ce sont de fait majoritairement des voies d’échanges entre la France et l’Italie et pour une part importante des échanges entre les régions Auvergne Rhône Alpes et le Piemont. La part du trafic de transit routier et ferroviaire a diminué et s’établit à 10%. Une utilisation moderne de la ligne existante permettrait de gérer ce trafic d’échanges.

Le passage de Vintimille est un itinéraire de transit reliant essentiellement les pays du Sud de l’Europe. Le nombre de poids lourds empruntant cette route le long de la méditerranée est souvent utilisé pour justifier le projet Lyon Turin. Alors que la solution qui s’impose sur cet axe est le transport maritime.

Ces éléments infirment également l’hypothèse d’un report des trafics de transit de marchandises de l’axe Nord Sud vers les vallées alpines françaises orientées sur un axe Est Ouest. Voir T comme Trafic transalpin de marchandises

Analysons l’évolution de la nature de trafic entre 1999 et 2014 :

En Suisse, la part du transit dans les transports de marchandises est de 77%. Cette part croît de 2.5% et s’établit à 55% pour la route et 89 % pour le ferroviaire

La croissance autrichienne est supérieure. En Autriche, la part du transit dans les transports de marchandises est de 67%. Cette part croît de 30% et s’établit à 69% pour la route et 62 % pour le ferroviaire

La part du transit dans le transport routier au tunnel du Fréjus diminue de 22% et s’établit à 8% et au tunnel du Mont Blanc cette part diminue de 31% et s’établit à 11%.

La part du transit dans le transport ferroviaire au tunnel du Mont Cenis diminue de 31% et s’établit à 9%

Au passage de Vintimille la part du transit dans le transport routier diminue de 5% et s’établit à 56%.